Nostalgie...

Publié le par Mam'Annie

La baignade était le lieu de rendez-vous des jeunes du village.

Elle était en contrebas de la route venant ou menant au village. La belle rivière coulait paisiblement le long des champs et longeait le chemin de Mortous pour arriver près du lavoir. Un peu plus loin sur la gauche si l'on suit le sens de la rivière, de hautes vannes retenaient l'eau verte. Mais si le cantonnier ouvrait la porte des vannes, alors, l'eau s'engouffrait entre la boiserie, le fer et la pierre et se déversait avec un bruit de tonnerre dans un trou de trois à quatre mètres de profondeur. L'eau bouillonnait un temps, pour redevenir calme et suivre son lit qui rejoignait le pont Catinat et passait sous deux de ses arches pour se répandre enfin tranquillement et en serpentant dans les champs de la vallée. Le plan d'eau profond, créé par cette eau plongeante et vive, était bordé d'un champ où les jeunes, déposaient leurs sacs, pleins de leur serviette de bain mais aussi du goûter, composé de casse croûte sympathique, fleurant le bon beurre ou le pâté de viande. D'autres, apportaient des grandes tartines collées l'une contre l'autre par une épaisseur de confiture. Toutes ses victuailles étaient accompagnées d'un litre de coco ou de lithinés, car nous passions nos après midis sur ce lieu. Il faisait chaud, il faisait soif ! Pour tenir au frais notre bouteille, nous l'attachions avec une ficelle par le goulot, à une branche du bord de l'eau et nous la laissions baguenauder bien bouchée dans l'eau claire de la rivière. Les plus jeunes étaient accompagnés de leurs mères ou les grandes sœurs. Les vacanciers venaient aussi et la baignade résonnait alors de cris, de rires, de jeux de ballons, de joies et de bonne humeur. Des petits groupes, se formaient. Les mamans se rapprochaient, bavardaient, tricotaient, cousaient ou lisaient. Les filles formaient des groupes en fonction de l'âge. Les garçons faisaient de même... Et les adolescents s'isolaient pour se chuchoter des mots d'amour.. Ou se voler discrètement un baiser sur le coin de la bouche. Les plus courageux se baignaient dans l'eau froide de la rivière. Elle était si froide, que les pieds devenaient tout bleu ! Les plus courageux traversaient le plan d'eau en nageant et rejoignaient les vannes. Il fallait alors passer ce trou d'eau qui semblait si dangereux, à cause du bouillonnement et du bruit. C'est là que j'ai appris à nager. Les bons nageurs plongeaient d'une vieille trogne placée au ras de la balustrade tout près de la route. Leurs corps disparaissaient alors dans le trou et ressortaient un peu plus loin, toussant et crachant ! Bien sûr, nous, les filles étions très admiratives ! Ah ! Ces rendez-vous à la baignade ! C'était un plaisir simple : une rivière, de l'herbe, de l'amitié, un amoureux, des jeux... Mais je m'en souviens encore, comme c'était hier.

Publié dans Mon herbier

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