Souvenirs, souvenirs...


Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 15:52

Métro Charonne…

 

"Al-gé-rie Fran-çaise !"

Cris dans les rues, sifflets, débandades, violences

Dans le canal, des cadavres d’hommes, défigurés, martyrisés,

assassinés par ceux qui voulaient faire la guerre aux fellaghas...

Départ des appelés, tentatives de suicides, corps, sur les rails,

allongés, empêchant les trains de démarrer

de ceux et celles qui ne voulaient pas tuer des fellaghas...

 

Algérie... Peuple colonisé, torturé, napalmé, tué, violé, martyrisé...

Paris... Manifestations, fouilles, arrestations...

« Colonialisme : fascisme »

« L’Algérie aux Algériens ! »

« Paris, Blida et Médéa, même combat ! »

 

Métro Charonne... Les matraques des flics et leurs capotes pliées

claquent et frappent durement le dos des manifestants,

refusant l’agression du peuple ami.

Plaques d’égouts, grilles d’arbres volent et se fracassent...

Métro Charonne... Courses, cachettes, escaliers, portes fermées,

mais aussi portes entrebâillées laissant furtivement passer

ceux qui refusent de tuer des fellaghas.

Métro Charonne...

Chaussures, montres, cravates et sacs jonchent le sol.

Triste brocante laissant un goût de sang...

 

« Anne Godeau, en ce jour, assassinée,

petite postière, mon amie,  tu voles légère comme la nue,

tu portes en compagnie de Fatima,

violée, morte d’avoir trop souffert et criée,

le dernier message d’amour des femmes : « paix en Algérie ! »

 

Des appelés ne sont pas revenus...

Lequel avait tiré le premier : l’Algérien ? le Français ?

On ne le saura jamais... Mais c’est pourquoi aujourd’hui,

il y en a qui bouffe encore du fellagha...

Et la preuve que la gégène, le viol, la tuerie n’ont pas de patrie...

Qui aujourd’hui, empêche les Algériens de vivre leur vie ?

 

Atelier d’écriture (Université de Saint-Denis) :

année 1999-2000

Annie


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Jeudi 15 septembre 2011 4 15 /09 /Sep /2011 10:17

annie 14Comme vous l'avez déjà lu dans "Mon herbier", je souhaitais devenir professeure de gymnastique et de danse. Mes parents en ont décidé autrement et comme le choix n'était pas très large, j'ai choisi d'entrer dans l'imprimerie plutôt que d'être couturière*. Etre couturière, je connaissais bien, ma maman l'était et s'usait ses beaux yeux bleus sur des tissus de toutes sortes. Par contre, l'imprimerie me rapprochait des livres et de la lecture. Je suis donc entrée en apprentissage en typographie.

J'étais très déçue de ne pas continuer mes études... Pour le coup, j'étais triste et je me suis souvent beaucoup ennuyée à pomper des petites lettres dans un composteur, les déposer sur un plateau, sans faire de soleil*. De plus, j'avais un metteur en page* qui picolait pas mal et un premier ouvrier*, cavaleur comme quelqu'un dont on a beaucoup parlé ces derniers temps dans les médias...

Pas facile quand on a 15 ans d'accepter de se plier à une vie difficile... Porter les casses de 20 kg, les transporter sur les rangs, les changer, à chaque changement de corps ou de style de caractère... Aujourd'hui, tout cela se fait avec un doigt ! Avant il fallait transporter les casses de rang en rang, pour aider les premiers ouvriers et se plier à ce travail toute la journée durant et l'on ne faisait pas 35 heures ! Mais facilement 50 h par semaine !

La première année, j'ai perdu 10 kg et je suis tombée à 8 de tension. J'étais si fatiguée que j'allais tout au bout de l'atelier, vers les rangs les moins fréquentés, je tirais la casse la plus basse et je m'installais dessus pour me reposer, il m'est arrivée de m'y endormir et d'être, tout à coup secouée comme un prunier par l'ouvrier qui m'avait découverte !

Tout cela payé 37 centimes de l'heure... Sous contrat... Et je fréquentais le lycée Estienne deux jours par semaine. Pour moi, c'était les vacances ! Car à l'atelier, il faut dire, que je commençais à 8 heures du matin, que je prenais le premier métro pour arriver à l'heure et je quittais l'atelier à 18 heures. Heure du lever était à 5 heures, ensuite rejoindre le métro à pied de Vanves à la porte de Vanves, traverser la zone* et ensuite environ une heure de métro. Je descendais à jules Joffrin et l'imprimerie était rue du Poteau.

J'y ai passé quand même des bons moments. Je reviendrais dessus plus tard.

La première année passée, ayant acquis toutes les bases de la typographie, la direction m'a proposé d'apprendre la monotypie*. J'ai accepté. Les clavistes étaient assises...

http://fr.wikipedia.org/wiki/Monotype_(machine).

*Expressions utilisées en typographie : composteur, outil en métal avec une targette mobile qui permettait de justifier la ligne en fonction de sa longueur (en Didot : système douze, en typo on ne comptait pas en cm mais en système douze, je vous expliquerai plus loin) ; le plateau était en métal rectangulaire avec un rebord et permettait de déposer les compositions pompées dans le composteur ; pomper voulait dire aller chercher les lettres dans la casse, un bon typo pompait 1500 lettres à l'heure, le composteur dans la main gauche, et les lettresà l' envers dans celui-ci ; le rang était des sortes de bureaux inclinés qui permettaient de maintenir les compositions sans faire de soleil ; le soleil, c'était l'incident ! La composition du typographe était maintenue par une ficelle, avec un tour de main que je vous expliquerai plus loin. Si la compo n'était pas assez serrée, quand le typo la prenait entre ses mains, le plomb des lettres un peu gras, celui-ci s'ouvrait et toutes les lettres tombaient, en soleil. Tout était à refaire, dans ce cas et on se faisait sérieusement engueuler ! C'était une perte de temps et d'argent pour le patron ! Je vous raconterai tout cela plus loin...

*Mon père était imprimeur, ma mère couturière.

*Zone : voir "Mon herbier"

"Une vie professionnelle", de Annie

Cette photo est ma première photo d'identité pour joindre à mon carnet d'apprentissage, j'avais 14 ans.


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Jeudi 21 juillet 2011 4 21 /07 /Juil /2011 12:33

 

Le papy est à Saint-Denis. Il pleut, je ne peux m'occuper du potager. J'ai donc entrepris de nettoyer ma chambre grenier. Pour y accéder, il y a un escalier. Comme je constatais que les premières marches étaient les plus sales, un souvenir d'enfance m'est revenu...

Nous habitions à Vanves, un immeuble de 1936, composé de cinq étages, dont les marches et les paliers étaient en bois clair, avec une jolie rampe de bois terminée par une boule verte au rez-de-chaussée.

pa man nane et claude-copie-2

Nous logions au premier, la porte de droite ; le coiffeur, sans enfant, tenant boutique dans la maison, logeait à côté de nous, également sur le palier une vieille dame et au fond, un célibataire.

Quand je montais dans les étages, je remarquais que les escaliers étaient beaucoup plus propres. Comme je faisais part de mes réflexions à ce sujet, à maman, celle-ci me répondit : "C'est normal, les pieds sont sales et tout le monde passe par le rez-de-chaussée ! Puis après, il y a de moins en moins de monde dans les étages supérieurs...".

J'étais nunuche, peut être j'avais 7, 8 ans..., (l'âge de la photo ci-contre...)* je ne comprenais pas la remarque de maman... Et je m'obstinais à vouloir des escaliers aussi nets et brillants que dans les étages. Je m'en suis ouverte à la concierge (on disait ainsi, à cette époque), et je me suis fait rembarrée par un solide : "Je fais mon travail, ce n'est pas une petite fille qui va m'apprendre mon métier ! Je vais le dire à ta mère, non mais !"

Effrayée par cet incident, je me suis enfermée dans les WC du palier... La lumière s'éteignait au bout d'un certain temps...

"Annie, Annie, t'es où ?"

Maman ne me voyant pas revenir depuis un bon moment s'était inquiétée, avait rencontré la concierge qui lui avait raconté l'histoire...

"Je suis là, dans les WC, je n'arrive plus à ouvrir la porte, elle est coincée !"

Le coiffeur appelé en urgence est venu ouvrir les WC et ils ont trouvé Annie, dans le noir, tremblante de peur, à la vue de la concierge, maman et le coiffeur qui eux, rigolaient comme des bossus à mon aventure.

"C'est bien fait pour toi !"

*Je suis restée nunuche... 


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Dimanche 19 juin 2011 7 19 /06 /Juin /2011 22:43

... Je reviens sur le nom de La ruche. Pour ma part, je pense que si ce lieu s'appelait "la ruche", c'est parce que la construction en rotonde ressemblait de par sa conception, à une ruche à cause de ses appartements en trapèze. En effet, un escalier central montait en colimaçon et tout autour des rambardes, les logements ressemblaient à des alvéoles de ruche. En tous les cas, c'est comme cela que l'on me l'avait expliqué lorsque j'étais enfant.


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Lundi 20 décembre 2010 1 20 /12 /Déc /2010 18:02

couronnes

 

Ca y est, tout est emballé dans de beaux papiers dorés, décorés de pères Noël, sapins, lutins, traineaux, etc., enveloppé de rubans de toutes les couleurs et doté d'une grosse chouquette sur le dessus et une étiquette avec les noms !

Comme j'aimerai revenir à l'âge de mes petites filles... Et vivre les mêmes bonheurs qu'elles !

Je me souviens des Noëls de la guerre. Notamment, l'année où le père Noël m'avait apporté un gros bébé en celluloïd rose. Il était habillé d'une jolie brassière bleue et une culotte du même ton, ainsi que les chaussons et le bonnet.

Quelques années après, maman m'avait raconté que c'était elle qui avait tricoté cet ensemble. Maman était femme de prisonnier. Et pendant qu'elle tricotait l'ensemble pour le bébé en celluloïd, sur le pas de la porte, pour me surveiller lorsque je jouais dans la rue, les mauvaises langues du quartier se posaient des questions : "Est-elle enceinte ? Croyez-vous ? Dédé est prisonnier de guerre, quand même !"

Et oui, il y avait des gens qui vous faisaient vite une réputation ! 

Je n'en croyais pas mes oreilles...

Je pensais que maman était suffisamment connue et appréciée dans son quartier pour que l'on ne doute pas de sa moralité. Ben, je me trompais, comme quoi il faut se méfier de tout pendant ces périodes de guerre que je n'aimerai pas revivre.

Je lui ai demandé comment elle avait vécu cela. Elle m'avait dit : "Tu sais ma fille, c'était une époque troublée et les gens avaient peur, alors quand les gens ont peur, ils deviennent méchants".

J'ai plein de souvenirs de la guerre, que je garde en réserve...


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Mardi 14 décembre 2010 2 14 /12 /Déc /2010 14:41

coiffe-1-.jpg

 

Ben finalement ma coiffe était bien une coiffe percheronne !

Voir ci-dessous.

Merci papy-Jean !

Y'a comme une ressemblance, tu ne trouves pas ? ... Hi Hi !

Je pense que c'est à cause de la rondeur !

Mais n'empêche que finalement mon déguisement était chouette et drôlement ressemblant ! Ne manquait que le panier...


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Dimanche 12 décembre 2010 7 12 /12 /Déc /2010 15:56

robert-et-annie.jpg

 

 

Bonjour Papy-Jean.

Cette photo est pour toi !

Elle date de 1993. Presque 20 ans ! C'était le comice de Mauves. Je suis en compagnie de Robert Rotrou... Que tu connaissais bien...

Nous étions dans le défilé du comice. Le défilé déguisé était une noce campagnarde.

Cela faisait longtemps que je n'avais pas vu Robert. Nous nous étions perdus de vue, chacun ayant fait sa vie. Il m'a proposée gentiment d'être sa cavalière pour le défilé. Et chemin faisant, nous avons dévisé ensemble et nous nous sommes rappelés nos frasques d'adolescents.

Ce fut un beau comice !

A cette occasion des personnes du village m'avaient fait remarquer que ma coiffe n'était point d'ici ! Mais une coiffe d'Alençon. Je le savais bien ! Je l'avais confectionnée moi-même, elle était superbe. Je l'ai gardée en souvenir (la coiffe). Lui était déguisé en percheron avec la grande blouse...

Et dans mon coeur, j'ai gardé le souvenir de Robert, le Chanteux du Perche qui était très symapthique et avec qui nous avons passé des moments jubilatoires.

 


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Dimanche 24 octobre 2010 7 24 /10 /Oct /2010 16:45

pa-man-nane-et-claude-copie-1.jpg

 

 

Et celle-ci, tu t'en rappelles ? Nous avions dansé une danse normande au lycée Michelet pour la fête de fin de l'année ? Je crois que nous avions 7 ans...

Le petit garçon, c'est mon cousin Claude. Tu t'en souviens ?

C'est maman qui avait confectionné mon costume. Je me rappelle encore de la coiffe ! 

Et de mes cheveux la veille, tourbichonnés dans des bigoudis pour friser le lendemain !

La jupe était blanche à grosses fleurs bleues et le petit tablier en plumetis blanc.

Et pour la circonstance, j'avais des sandales en cuir ! Tu te rends compte, en cuir ! D'habitude, elles étaient en toile... Qu'il fallait tartiner en blanc pour qu'elles restent propres !

Que mes parents étaient beaux à cette époque ! 


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Dimanche 24 octobre 2010 7 24 /10 /Oct /2010 11:19

 

 

Si tu es toujours devant ton ordi, voici ma Coco, quelques photos que j'ai pêchées dans mon album et qui, je suis sûre te rappelleront les moments jubilatoires de notre jeunesse !

 

Souvenirs, souvenirs...

la-ptite-maison-verte-en-1955.gif

La petite fille au-dessus, est devenue une jolie grand-mère...

DSC01553.JPG

annie-14.GIFLibération de paris

Le square Jarousse en 1944,Annie et DanielPhoto-004.jpg

Annie : 12 ans...

Et : "la Barcarolle" dansée par les deux stars de la Boisardière !l


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Mercredi 6 octobre 2010 3 06 /10 /Oct /2010 14:08

 

Colette Renard est partie... Elle a fait chanter et danser plusieurs générations, dont je fais partie... Je veux ici rendre hommage à la chanteuse de ma jeunesse. Elle interprétait des chansons réalistes qui touchaient mon coeur et celui des gens. Salut, Colette.

 


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